Parce que certains détails n’en sont pas

 

Le polyamour est un sujet qui sort des sentiers battus depuis maintenant quelques années. On commence à voir quelques articles sur le sujet dans la presse généraliste ou dans quelques émissions de télévision. Comme dans tout processus de démocratisation de sujets de niche il y a un souvent un processus associé de vulgarisation qui souvent laisse passer à la trappe l’essence même du sujet. Lorsque je suis allé à mes premiers cafés polyamoureux sur Paris, la réponse à question m’avait marqué : qu’est ce qui caractérise le polyamour ? La réponse avait été unanime et précise : l’honnêteté et la transparence entre les partenaires. Oui au delà d’avoir plusieurs partenaires, relations, d’être fou amoureux de tous ou de certains d’entre eux, c’est bien la transparence entre les partenaires qui prime avant tout.

Si on reprend la définition du polyamour (source Wikipedia) on y retrouve les différents éléments importants :

Le polyamour est une éthique des relations amoureuses basée sur

  1. le rejet de l’obligation d’exclusivité (sentimentale et sexuelle),
  2. l’égalité et l’honnêteté entre partenaires,
  3. et le respect de l’individualité et de l’autonomie de chacun.

Le polyamour dans sa vulgarisation est souvent réduit au point 1, sur le fait d’avoir plusieurs relations. Sauf que si on le réduit au point 1, on ne peut plus faire la différence entre l’adultère et le polyamour. Or justement le polyamour semble être la nouvelle justification des personnes adultères : je trompe mon compagnon et je suis tombé amoureux de mon amant(e) mais je suis toujours amoureux de mon compagnon alors je suis polyamoureux. Du coup je me rachète une conduite honorable avec un étiquette de polyamoureux (incompris par mon compagnon ?)

Il y a énormément de personnes adultères qui sont éperdument amoureuses de leur amant(e) tout en étant toujours amoureux de leur compagnon. Pour autant toutes ces personnes sont elles prêtes à être transparentes avec toutes leurs relations, sont elles prêtes à laisser cette même liberté à leurs différentes relations. Le vivre pour soi n’est pas le même cheminement que le vivre pour ses relations.

Le polyamour est un cheminement complexe souvent long, qui demande à déconstruire des apprentissages sociaux sur les relations amoureuses pour soi même et envers les autres. Aimer d’autres partenaires c’est souvent simple, être franc et leur laisser leur liberté d’invidu l’est parfois moins  Et non, le polyamour n’est pas le nouveau mot à la mode pour justifier le comportement purement égoïste de l’adultère.

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